6 août 2011

Article de "lalibre.be"

Les Dr House belges rappelés à l’ordre

Des confrères n’ont pas manqué d’exprimer leur gêne à propos de la publicité faite autour de l’émission, de la personnalisation de la série, de la mise en scène jugée parfois un rien racoleuse.
La série avait connu un beau succès. Le premier épisode, diffusé le 2 mars en "prime time" sur RTL-TVI et précédé d’une belle publicité, avait réuni près de 500 000 personnes. Séquencée en quatre épisodes, la série "Docteur Rafto, sur le fil de la vie" est ce qu’on appelle un "docu-soap". C’est un documentaire dans la mesure où l’équipe de télévision a filmé la vie réelle. Le neurochirurgien Christian Raftopoulos est suivi pas à pas dans les couloirs de l’hôpital où il travaille, Saint-Luc à Bruxelles, dans la salle d’opération, au contact des patients. Mais ce qui distingue l’émission d’un documentaire classique, c’est qu’elle emprunte pas mal de ficelles des fictions télévisées : une certaine façon de filmer, de monter les séquences, etc. Et puis, il y a la personnalité même du docteur. De réputation internationale, belle gueule, le neurochirurgien belge a été rapidement comparé au docteur House de la série américaine à succès, diffusée par la chaîne de télévision elle-même.
Mais le docu-soap n’a pas plu à tout le monde dans les milieux hospitaliers. Des confrères n’ont pas manqué d’exprimer leur gêne à propos de la publicité faite autour de l’émission, de la personnalisation de la série, de la mise en scène jugée parfois un rien racoleuse. M. Raftopoulos a d’ailleurs été convoqué par l’Ordre des médecins pour venir expliquer sa démarche et les raisons de sa participation à l’émission.
Les remous provoqués par la diffusion de la série ont manifestement incité le Conseil national de l’Ordre des médecins à émettre un avis pour cadrer le "concours des médecins à des émissions de télévision et des articles parus dans la presse". Dans son avis rendu le 16 juillet, l’institution se contente d’évoquer " certaines émissions de téléréalité, de séries documentaires et d’articles parus dans la presse ". Mais il fait peu de doute que c’est l’émission "Docteur Rafto, sur le fil de la vie" qui est à la base des nouvelles recommandations qui sont émises dans le texte.
Ainsi, le Conseil national recommande aux médecins qui interviennent dans les médias à veiller " en particulier à ce que le titre d’une émission ne soit pas racoleur ". Il recommande par ailleurs " que le sujet de toute émission, interview ou article, soit traité en une seule fois et non sous forme d’une série pour éviter de tomber dans le travers d’une publicité racoleuse ".
Il exige aussi que les médecins s’assurent que les patients qui participent à une émission sont bien conscients des conséquences auxquelles ils s’exposent. Il invite enfin les médecins à réagir " par un droit de réponse ou une forme similaire si des articles ou des bandes-annonces font une publicité racoleuse pour l’article ou l’émission ".

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